INEUROPE, poudre et solvant pour solution injectable
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RCP - INEUROPE
Traitement d’urgence, sur le terrain, des intoxications par les agents neurotoxiques organophosphorés tels que SARIN, SOMAN, TABUN et VX.
INEUROPE est indiqué chez les adultes à partir de 18 ans.
Ce médicament doit être utilisé sur ordre des autorités compétentes.
La reconstitution de la solution injectable est réalisée sur ordre des autorités.
Le traitement débute dès l’apparition des premiers symptômes d’intoxication.
Posologie
Réservé à l'adulte à partir de 18 ans.
Auto-injection par voie intramusculaire dans la cuisse, dès l'apparition des premiers symptômes d'intoxication, de la dose contenue dans un dispositif.
En cas de persistance des symptômes d’intoxication, l'injection peut être renouvelée une fois UNIQUEMENT, 15 minutes après la première injection.
La posologie à utiliser chez le sujet âgé ou en cas d'insuffisance rénale ou hépatique n’est pas connue.
Mode d’administration
Description du dispositif :
L'auto-injecteur est un dispositif contenant dans un compartiment les 3 principes actifs sous forme lyophilisée et dans un autre compartiment le solvant (eau pour préparations injectables ; eau ppi).
Le schéma suivant décrit l'auto-injecteur.
Mode de reconstitution de la solution et injection :
Le dispositif permet la reconstitution de la solution et son injection, en 2 temps successifs.
· Premier temps: reconstitution de la solution à injecter
Elle se fera sur ordre des autorités et/ou dès la notion de menace avérée d'intoxication, par vissage du système, après retrait de la sécurité de reconstitution, selon le schéma ci-joint :
· Deuxième temps: injection intramusculaire après retrait de la sécurité d'injection, par pression sur le corps inférieur de l'auto-injecteur mis en contact de la face externe de la cuisse, à travers les vêtements, selon le schéma ci-dessous :
Note: en cas de risque avéré d'intoxication, sur ordre des autorités, un pré-traitement par pyridostigmine sera démarré par voie orale à raison de 30 mg toutes les 8 heures.
Pour les instructions concernant la reconstitution du médicament avant administration, voir la rubrique 6.6.
| L’efficacité du traitement est d’autant plus grande que l’injection est effectuée rapidement après les premiers signes d’intoxications (thérapeutique du premier quart d’heure). Les signes d’intoxications aiguës par les neurotoxiques organophosphorés associent : · Un syndrome cholinergique dont le tableau clinique est le suivant : o Syndrome muscarinique associant hypersécrétion salivaire et bronchique, sueurs profuses, myosis, bronchospasme, bradychardie, hypotension, douleurs abdominales et diarrhées, confusion et convulsions o Syndrome nicotinique associant fasciculations musculaires puis paralysie musculaire périphérique et respiratoire. · Syndrome central : convulsions, état de mal, coma. En l’absence de traitement, l’évolution est fatale par asphyxie. |
Mises en garde
Ce médicament peut provoquer :
· Une somnolence, une amnésie et des réactions paradoxales (liées à l’avizafone (benzodiazépine)),
· Des troubles de la vision (liés au pralidoxime ou à l’atropine),
· Des réactions d’hypersensibilité à l’un des trois constituants.
La prise d’alcool ou de médicaments contenant de l’alcool, ainsi que la prise d’oxybate de sodium sont déconseillées (voir rubrique 4.5).
Précautions d’emploi
Des précautions d’emploi doivent être prises dans les cas suivants :
Liées à l’avizafone :
· Chez le sujet âgé ;
· Chez l’insuffisant rénal ou hépatique ;
· Chez le sujet présentant des apnées du sommeil.
Liées à l’atropine :
· Antécédents de glaucome par fermeture de l’angle ;
· Rétention urinaire liée à des troubles urétro-prostatique, hypertrophie de la prostate ;
· Hyperthyroïdie ;
· Insuffisance respiratoire, rénale et/ou hépatique ;
· Bronchite chronique ;
· Iléus paralytique, atonie intestinale, mégacôlon toxique.
Liées à la pralidoxime :
· Chez l’insuffisant rénal et hépatique.
Néanmoins, dans le contexte d'urgence, seules les précautions d'emploi suivantes sont à respecter:
Liées à l’avizafone :
· Myasthénie
Liées à l’atropine :
· Insuffisance coronarienne, troubles du rythme ventriculaires connus : surveiller la fréquence cardiaque au décours des injections.
Lié à l’avizafone
Médicaments sédatifs
Il faut prendre en compte le fait que de nombreux médicaments ou substances peuvent additionner leurs effets dépresseurs du système nerveux central et contribuer à diminuer la vigilance. Il s’agit des dérivés morphiniques (analgésiques, antitussifs et traitement de substitution), des neuroleptiques, des barbituriques, des benzodiazépines, des anxiolytiques autres que les benzodiazépines (par exemple, le méprobamate), des hypnotiques, des antidépresseurs sédatifs (amitriptyline, doxépine, miansérine, mirtazapine, trimipramine), des antihistaminiques H1 sédatifs, des antihypertenseurs centraux, du baclofène et du thalidomide.
Associations déconseillées (voir rubrique 4.4)
+ Alcool (en tant que boisson ou excipient d’un médicament)
Majoration par l’alcool de l’effet sédatif de ces substances. L’altération de la vigilance peut rendre dangereuses la conduite de véhicules et l’utilisation de machines. Eviter la prise de boissons alcoolisées et de médicaments contenant de l’alcool.
+ Autre médicament sédatif : Oxybate de sodium
Majoration de la dépression centrale. L'altération de la vigilance peut rendre dangereuses la conduite de véhicules et l'utilisation de machines.
Associations à prendre en compte
+ Autres médicaments sédatifs
Majoration de la dépression centrale. L'altération de la vigilance peut rendre dangereuses la conduite de véhicules et l'utilisation de machines.
Benzodiazépines et apparentés
Associations à prendre en compte
+ Barbituriques
Risque majoré de sédation et de dépression respiratoire pouvant entraîner coma et décès, notamment chez le sujet âgé. Il convient de limiter autant que possible les doses et la durée de l’association.
+ Buprénorphine
Avec la buprénorphine, utilisée en traitement de substitution : risque majoré de dépression respiratoire, pouvant être fatale. Evaluer attentivement le rapport bénéfice/risque de cette association. Informer le patient de la nécessité de respecter les doses prescrites.
+ Clozapine
Risque accru de collapsus avec arrêt respiratoire et/ou cardiaque.
+ Morphiniques
Risque majoré de sédation et de dépression respiratoire pouvant entraîner coma et décès, notamment chez le sujet âgé. Il convient de limiter autant que possible les doses et la durée de l’association.
Lié à l’atropine
Médicaments atropiniques
Il faut prendre en compte le fait que les substances atropiniques peuvent additionner leurs effets indésirables et entraîner plus facilement une rétention urinaire, une poussée aiguë de glaucome, une constipation, une sécheresse de la bouche, etc
Les divers médicaments atropiniques sont représentés par les antidépresseurs imipraminiques, la plupart des antihistaminiques H1 atropiniques, les antiparkinsoniens anticholinergiques, les antispasmodiques atropiniques, le disopyramide, les neuroleptiques, les phénothiazines ainsi que la clozapine.
Associations à prendre en compte
+ Autres médicaments atropiniques
Addition des effets indésirables atropiniques à type de rétention urinaire, poussée aiguë de glaucome, constipation, sécheresse de la bouche .
+ Anticholinestérasiques
Risque de moindre efficacité de l’anticholinestérasique par antagonisme des récepteurs de l’acétylcholine par l’atropinique.
+ Morphiniques
Risque important d'akinésie colique, avec constipation sévère.
Grossesse
En raison de la mise en jeu du pronostic vital, l’utilisation d’INEUROPE est possible au cours de la grossesse quel qu’en soit le terme.
Allaitement
En raison de la mise en jeu du pronostic vital, l’utilisation d’INEUROPE est possible au cours de l’allaitement.
INEUROPE a une influence importante sur l’aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines.
Les conducteurs de véhicules automobiles et les utilisateurs de machines doivent être prévenus des risques possibles de somnolence et de troubles de l’accommodation.
L’association avec d’autres médicaments sédatifs doit être déconseillée.
Liés à l’avizafone :
· Sensation ébrieuse, ataxie ;
· Asthénie, baisse de vigilance, somnolence ;
· Amnésie antérograde, troubles mnésiques ;
· Réactions paradoxales (insomnie, cauchemars, irritabilité, agressivité, agitation, troubles du comportement, troubles de la conscience) ;
· Hypotonie musculaire ;
· Éruptions cutanées, parfois prurigineuses ;
· Très rares cas d’augmentation des transaminases et des phosphatases alcalines ainsi que des cas d’ictères.
Liés à l’atropine :
· Sécheresse buccale ;
· Diminution de la sécrétion lacrymale ;
· Épaississement des sécrétions bronchiques ;
· Tachycardie, palpitations ;
· Constipation ;
· Rétention d’urine ;
· Troubles de l’accommodation ;
· Excitabilité ;
· Irritabilité, confusion mentale chez les personnes âgées.
Liés à la pralidoxime :
· Troubles visuels : diplopie, vision floue ;
· Malaises, vertiges, céphalées et tachycardie.
Liés à la voie d'administration : possibilité de douleur transitoire au point d'injection.
Déclaration des effets indésirables suspectés
La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et réseau des Centres Régionaux de Pharmacovigilance - Site internet : https://signalement.social-sante.gouv.fr/.
Le surdosage volontaire ou accidentel est rare, puisque chaque sujet n'aura à sa disposition que 2 dispositifs.
En cas d’hypersensibilité à l'un des composants, le traitement sera symptomatique, en particulier sur le plan respiratoire et cardiovasculaire.
Symptômes et traitements en cas de surdosage lié à :
· l’avizafone : Sommeil profond jusqu’au coma, signes de confusion mentale, léthargie, ataxie, hypotonie, hypotension, dépression respiratoire (le flumazénil est l’antidote).
· l’atropine : Sécheresse buccale, mydriase, paralysie de l’accommodation, diminution des sécrétions et surtout tachycardie, agitation, confusion et hallucinations allant jusqu’au délire, dépression respiratoire.
· la pralidoxime : La pralidoxime à doses très élevées pourrait aggraver le bloc neuromusculaire dû à l’organophosphoré.
Propriétés pharmacologiques - INEUROPE
Classe pharmacothérapeutique : Antidote, code ATC : V03AB.
Effets pharmacodynamiques
INEUROPE est un antidote associant trois principes actifs : l’atropine, l’avizafone et la pralidoxime. Il exerce un effet antidote par effet cumulé de l’activité des trois principes actifs associés dans le médicament :
· l’atropine, anticholinergique, actif sur les récepteurs muscariniques ;
· l’avizafone, prodrogue active sous forme de diazépam, anticonvulsivant ;
· la pralidoxime, réactivateur des cholinestérases (enzymes régulatrices de la transmission nerveuse) inhibées par les neurotoxiques.
Absorption
Atropine : après administration intramusculaire, les concentrations plasmatiques maximales sont atteintes en 6 minutes en moyenne.
Diazépam : après administration intramusculaire d'avizafone (prodrogue), les concentrations plasmatiques de diazépam sont atteintes entre 30 et 60 minutes
Pralidoxime : après administration intramusculaire, les concentrations plasmatiques maximales sont atteintes en 25 à 60 minutes.
Distribution
Atropine : distribution tissulaire rapide ; passage de la barrière hémato-encéphalique ; liaison aux protéines plasmatiques : 44% ; passage de la barrière placentaire et dans le lait maternel.
Diazépam : volume de distribution de 1à 2 l/Kg ; liaison aux protéines plasmatiques : 95 à 98%
Passage de la barrière hémato-encéphalique ainsi que dans le plasma et le lait maternel.
Pralidoxime : large diffusion dans le compartiment extracellulaire ; faible passage de la barrière hémato-encéphalique ; non liée aux protéines plasmatiques.
Biotransformation et Élimination
Atropine : métabolisme hépatique ; élimination urinaire sous forme inchangée (un tiers) et sous forme de métabolites glucuroconjugués pour le reste ; demi-vie d’élimination plasmatique : 2 à 2 heures 30.
Diazépam : métabolisme hépatique; excrétion urinaire avec pourcentage négligeable (<0,1%) de produit inchangé ; demi-vie d’élimination plasmatique : 32 à 47 heures; les deux métabolites principaux sont le desméthyldiazépam, (demi-vie de 30 à 150 heures) et l'oxazépam tous les deux actifs ; ces métabolites sont éliminés dans les urines sous une forme inactive glucuroconjuguée. Après administration d'avizafone, seuls les métabolites connus du diazépam sont identifiés.
Pralidoxime : métabolisme hépatique; élimination urinaire rapide en quelques heures sous forme inchangée et de métabolites ; demi-vie d'élimination plasmatique de 1 à 3 heures.
