BLENREP 70 mg, poudre pour solution à diluer pour perfusion
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RCP - BLENREP 70 mg
Blenrep est indiqué pour le traitement des patients adultes atteints d’un myélome multiple en rechute ou réfractaire :
-
en association au bortézomib et à la dexaméthasone chez les patients ayant reçu au moins une thérapie antérieure ; et
-
en association au pomalidomide et à la dexaméthasone chez les patients ayant reçu au moins une thérapie antérieure incluant le lénalidomide.
Le traitement par Blenrep doit être instauré et supervisé par des médecins expérimentés dans le traitement du myélome multiple.
Soins de support recommandés
Un examen ophtalmologique (incluant une évaluation de l’acuité visuelle et un examen à la lampe à fente) doit être réalisé par un ophtalmologue avant chacune des 4 premières doses de traitement par Blenrep, et par la suite selon la situation clinique (voir rubrique 4.4).
Posologie
L'administration de Blenrep doit être poursuivie selon le calendrier recommandé jusqu'à la progression de la maladie ou l’apparition d’une toxicité inacceptable. Blenrep est administré en association avec d'autres traitements (voir Tableau 1). Pour les autres médicaments administrés avec Blenrep, voir la rubrique 5.1 ainsi que les Résumés des Caractéristiques du Produit en vigueur respectifs.
Tableau 1 : Schéma posologique initial recommandé pour Blenrep en association avec d'autres traitements
| Traitements en association | Schéma posologique initial recommandé |
| Avec le bortézomib et la dexaméthasone (BVd)a (Durée du cycle = 3 semaines) | 2,5 mg/kg administrés une fois toutes les 3 semaines |
| Avec le pomalidomide et la dexaméthasone (BPd)(Durée du cycle = 4 semaines) | Cycle 1 : 2,5 mg/kg administrés une foisÀ partir du Cycle 2 : 1,9 mg/kg administrés une fois toutes les 4 semaines |
a Le bortézomib et la dexaméthasone sont administrés pendant les 8 premiers cycles.
Si une dose prévue de Blenrep est manquée pour des raisons autres que des effets indésirables, il est recommandé de reprendre Blenrep au début du prochain cycle de traitement prévu.
Si une dose prévue de Blenrep est manquée en raison d’effets indésirables, il est recommandé de reprendre Blenrep au début du prochain cycle de traitement prévu, après résolution des effets indésirables (voir Tableau 3).
Adaptations posologiques
Des adaptations posologiques sont nécessaires pour la quasi-totalité des patients afin de gérer la sécurité et la tolérance. Les niveaux de réduction de dose pour Blenrep sont présentés dans le Tableau
2. Les adaptations posologiques recommandées pour la prise en charge des effets indésirables sont présentées dans le Tableau 3.
Tableau 2 : Schéma de réduction de dose pour Blenrep
| Association avec le bortézomib et ladexaméthasone | Association avec le pomalidomide et ladexaméthasone | |
| Posologie initiale recommandée | 2,5 mg/kg tous les 3 semaines | 2,5 mg/kg une fois pour le cycle 1 puis 1,9 mg/kg une fois toutes les 4 semaines à partir du cycle2 |
| Niveau 1 de réduction de dose | 1,9 mg/kg tous les 3 semaines | 1,9 mg/kg toutes les 8 semaines |
| Niveau 2 de réduction de dose | NA a | 1,4 mg/kg toutes les 8 semaines |
NA = Non applicable.
a Il n’y a pas de réduction de dose pour le Niveau 2.
Effets indésirables oculaires
Les événements oculaires ont été classés en fonction des résultats des examens ophtalmologiques, qui comprennent la combinaison des résultats des examens de la cornée et de la meilleure acuité visuelle corrigée (MAVC). Les résultats des examens ophtalmologiques du patient doivent être examinés par le médecin traitant avant de déterminer la dose de Blenrep.
Les anomalies observées à l’examen de la cornée peuvent ou non être accompagnés de changements de la MAVC. La sévérité des effets indésirables oculaires est définie par l'œil le plus sévèrement atteint, car les deux yeux peuvent ne pas être atteints au même degré. Il est important que les médecins prennent en compte non seulement les résultats des examens de la cornée, mais aussi les changements d'acuité visuelle et les symptômes rapportés lorsqu'ils évaluent les espacements et les réductions de dose.
Ne pas ré-augmenter la dose après une réduction de dose effectuée en raison d’effets indésirables oculaires. La ré-augmentation de dose pour des effets indésirables non oculaires doit être basée sur le jugement clinique, si applicable.
Tableau 3 : Adaptations posologiques recommandées en cas d’effets indésirables
| Effet indésirable | Sévéritéa | Adaptations posologiquesrecommandées |
| Effets indésirables oculairesb (voir rubrique 4.4) | Léger (Grade 1) Anomalie(s) à l’examen de la cornéeKératite ponctuée superficielle légère avec aggravation par rapport à l’examen initial, avec ou sans symptômes. | Le traitement doit être poursuivi à la dose en cours. |
| Modification de la MAVC Diminution de l’acuité visuelle d’une ligne sur l’échelle de Snellen par rapport à l’acuité visuelle initiale | ||
| Modéré (Grade 2) Anomalie(s) à l’examen de la cornéeKératite ponctuée superficielle modérée, dépôts d’aspect microkystique en | Suspendre le traitement jusqu'à l'amélioration des résultats d'examen de la cornée et de la MAVC vers un degré de sévérité léger ou inférieur. Reprendre letraitement au niveau 1 de dose |
| plages, haze sous-épithélial périphérique, ou nouvelle opacité stromale périphérique.Modification de la MAVC Diminution de l’acuité visuelle initiale de 2 ou 3 lignes (et non inférieure à 20/200 sur l’échelle de Snellen) | réduite, conformément au Tableau2. En cas de toxicité identifiée avant le cycle 2 de traitement par BPd, réduire la dose de Blenrep à 1,9 mg/kg toutes les 4 semaines pour le cycle 2 et tous les cycles suivants. | |
| Ou | ||
| Sévère (Grade 3) Anomalie(s) à l’examen de la cornéeKératite ponctuée superficielle sévère, dépôts d’aspect microkystique diffus impliquant le centre de la cornée, haze sous-épithélial central, ou nouvelle opacité stromale centrale. | ||
| Modification de la MAVC Diminution de l’acuité visuelle initiale de plus de 3 lignes (et non inférieure à 20/200 sur l’échelle de Snellen) | ||
| Défaut épithélial cornéen tel que des ulcères cornéens ou une diminution de la MAVC inférieure à 20/200 (Grade 4)Résultat(s) de l'examen cornéen Défaut épithélial cornéen tel que des ulcères cornéens.bModification de la MAVC Diminution de l'acuité visuelle inférieure à 20/200 sur l'échelle de Snellen | Suspendre le traitement jusqu’à amélioration des résultats de l'examen cornéen et de la MAVC vers un degré de sévérité léger ou inférieur. Reprendre le traitement au niveau 1 de dose réduite pour BVd et au niveau 2 de dose réduite pour BPd conformément au Tableau 2, si applicable.En cas d’aggravation des symptômes ne répondant à aucune prise en charge appropriée,envisager l’arrêt du traitement. | |
| Thrombopéniec (voir rubrique 4.4) | Grade 3 | Sans saignement :revenir à la dose précédente, si approprié, après la résolution |
-
Pour les patients recevant 2,5 mg/kg, réduire la dose de Blenrep à 1,9 mg/kg. Pour BVd, il peut être envisagé de
| de la thrombopénie à un grade 2 ou inférieur.Avec saignement :Envisager un traitement symptomatique approprié (par exemple, une transfusion), selon lesindications cliniques et la pratique locale. | ||
| Grade 4 | Suspendre le traitement. Envisager de reprendre si retour au Grade 3 ou inférieur, et seulement si absence de saignement actif au moment de la reprise du traitement. Pour les patients recevant précédemment 2,5 mg/kg, reprendre Blenrep à 1,9 mg/kg.Pour les patients recevant 1,9 mg/kg ou moins, reprendre à lamême dose. | |
| Réactions liées à la perfusion (voir rubrique 4.4) | Grade 2 | Interrompre la perfusion et instaurer un traitement symptomatique approprié. Après résolution des symptômes à un Grade 1 ou inférieur, reprendre la perfusion à un débit réduit d'au moins 50 % et envisager une prémédication. |
| Grade 3 | Interrompre la perfusion et instaurer un traitement des symptômes approprié. Une fois résolu, reprendre l'administration avec un débit de perfusion plus lent. Pour les perfusions futures,envisager une prémédication. | |
| Grade 4 | Arrêter définitivement Blenrep.pronostic vital, arrêter définitivement la perfusion et |
-
Pour les patients recevant 1,9 mg/kg ou moins, poursuivre à la même dose.
-
Suspendre Blenrep jusqu'à amélioration à un Grade 2 ou inférieur. Pour les patients recevant précédemment 2,5 mg/kg, reprendre Blenrep à 1,9 mg/kg. Pour les patients recevant 1,9 mg/kg ou moins, reprendre à la même dose.
-
En cas de réaction anaphylactique ou de réaction à la perfusion mettant en jeu le
| dispenser des soins d'urgence approprié. | ||
| Pneumopathie inflammatoire (voir rubrique 4.8) | Grade ≥ 3 | Arrêter définitivement Blenrep. |
| Autre effets indésirables (voir rubrique 4.8) | Grade 3 | Interrompre Blenrep jusqu'à amélioration à un Grade 1 ou inférieur. Pour les patients recevant précédemment 2,5 mg/kg, reprendre Blenrep à 1,9 mg/kg.Pour les patients avec une dose de 1,9 mg/kg ou moins, reprendre à lamême dose. |
| Grade 4 | Envisager l'arrêt définitif de Blenrep.En cas de poursuite du traitement, interrompre Blenrep jusqu'à amélioration à un Grade 1 ou inférieur. Pour les patients recevant précédemment 2,5 mg/kg, reprendre Blenrep à 1,9 mg/kg.Pour les patients traités avec une dose de 1,9 mg/kg ou inférieur, reprendre le traitement à la même dose. |
MAVC : Meilleure acuité visuelle corrigée ; BPd = Blenrep avec pomalidomide et dexaméthasone ;
BVd = Blenrep avec bortézomib et dexaméthasone.
a. Les effets indésirables non oculaires ont été classés selon les critères « Common Terminology Criteria for Adverse Events » du National Cancer Institute (CTCAE).
b. Une anomalie cornéenne peut entraîner des ulcères cornéens. Ceux-ci doivent être pris en charge rapidement et selon la situation clinique par un ophtalmologue. L'ulcère cornéen, par définition, correspond à une anomalie épithéliale associée à une infiltration stromale sous-jacente.
c. Si la thrombopénie est considérée comme liée à la maladie, n'est pas accompagnée de saignements et se rétablit après transfusion avec un taux de plaquettes > 25 x 109/L, la poursuite du traitement à la dose en cours peut être envisagée.
Populations particulières
Personnes âgées
Aucune adaptation posologique n’est recommandée chez les patients âgés de 65 ans ou plus (voir rubriques 4.8 et 5.2).
Insuffisance rénale
Aucune adaptation posologique n’est recommandée chez les patients présentant une insuffisance rénale légère (DFGe 60-89 mL/min), modérée (DFGe 30-59 mL/min), sévère (DFGe < 30 mL/min ne nécessitant pas de dialyse) ou terminale (DFGe < 15 mL/min nécessitant une dialyse) (voir rubrique 5.2).
Insuffisance hépatique
Aucune adaptation posologique n'est recommandée chez les patients présentant une insuffisance hépatique légère (bilirubine totale de 1,0 à 1,5 x limite supérieure de la normale [LSN] et toute aspartate transaminase [AST] ou bilirubine totale ≤ LSN avec AST > LSN). Il existe peu de données chez les patients atteints d'insuffisance hépatique modérée (bilirubine totale > 1,5 à 3,0 × LSN et tout
taux d'AST), ou chez les patients atteints d'insuffisance hépatique sévère (bilirubine totale > 3,0 × LSN et tout taux d'AST) pour étayer une recommandation posologique ; Blenrep ne doit être utilisé chez ces patients que si les bénéfices potentiels l'emportent sur les risques potentiels (voir rubrique 5.2).
Poids corporel
Blenrep est dosé en fonction du poids corporel réel de base et a été étudié chez des patients ayant un poids corporel de 37 à 170 kg (voir rubrique 5.2). Pour les variations de poids corporel >10 % durant le traitement, recalculer la dose en fonction du poids corporel réel au moment de l'administration.
Population pédiatrique
Il n’y a pas d’utilisation pertinente de Blenrep dans la population pédiatrique pour le traitement du myélome multiple en rechute et réfractaire.
Mode d’administration
Blenrep doit être administré par perfusion intraveineuse uniquement et est administré par une pompe à perfusion intraveineuse utilisant un ensemble de perfusion en chlorure de polyvinyle ou en polyoléfine pendant environ 30 minutes. En cas de réaction liée à la perfusion (RLP), le temps d'administration peut être prolongé au-delà de 30 minutes, à condition que le temps total d'utilisation, y compris la préparation et l'administration de la dose, ne dépasse pas la durée autorisée de 6 heures.
Blenrep ne doit pas être administré par injection intraveineuse ou en bolus. Blenrep doit être dilué avant administration.
La filtration de la solution diluée n'est pas requise. Cependant, si la solution diluée est filtrée, un filtre en polyéthersulfone (PES) de 0,2 µm ou 0,22 µm est recommandé.
Pour les instructions sur la dilution, les précautions avant la manipulation ou l'administration du médicament, la manipulation et l'élimination des flacons, voir rubrique 6.6.
Hypersensibilité à la substance active ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1.
Traçabilité
Afin d'améliorer la traçabilité des médicaments biologiques, le nom et le numéro de lot du médicament administré doivent être clairement enregistrés.
Effets indésirables oculaires
Des effets indésirables oculaires (par exemple vision floue, sécheresse oculaire, irritation à l’œil, et photophobie) ont été rapportés avec Blenrep. Les anomalies les plus fréquemment reportées à l'examen de la cornée incluent une kératite ponctuée superficielle, des modifications épithéliales d’aspect microkystique et un haze, avec ou sans modifications de l'acuité visuelle ou symptômes. Les modifications cliniquement significatives de l'acuité visuelle peuvent être associées à des difficultés temporaires à conduire des véhicules ou à utiliser des machines (voir rubriques 4.7 et 4.8). Les patients doivent être avertis d'éviter temporairement les activités telles que conduire des véhicules ou utiliser des machines si des symptômes oculaires apparaissent (voir rubrique 4.7) et de signaler rapidement tout changement de la vision. Un suivi ophtalmologique régulier est recommandé.
Les médecins doivent également encourager les patients à les informer de tout symptôme oculaire. Des examens ophtalmiques, y compris une évaluation de l'acuité visuelle et un examen à la lampe à fente, doivent être effectués avant chacune des 4 premières doses de Blenrep et pendant le traitement selon la situation clinique.
Il doit être conseillé aux patients d'administrer des larmes artificielles sans conservateur au moins 4 fois par jour pendant le traitement. Les patients doivent éviter de porter des lentilles de contact jusqu'à la fin du traitement. Des lentilles de contact pansements peuvent être utilisées sous la supervision d'un ophtalmologue.
Les patients présentant des anomalies à l'examen de la cornée (kératopathies telle que la kératite ponctuée superficielle ou des dépôts d’aspect microkystique) avec ou sans modifications de l'acuité visuelle peuvent nécessiter une modification de la dose (retard et/ou réduction) ou l'arrêt du traitement en fonction de la gravité des anomalies (voir Tableau 3).
Des cas de changement dans le plexus nerveux sous-basal de la cornée (par exemple fragmentation de fibres nerveuses et perte de fibres nerveuses) entraînant une hypoesthésie de la cornée et des cas d'ulcères cornéens (kératite ulcéreuse et infectieuse) ont été rapportés (voir rubrique 4.8). Ceux-ci doivent faire l’objet d’une prise en charge rapide et adaptée par un ophtalmologue. Le traitement par Blenrep doit être interrompu jusqu'à la guérison de l'ulcère cornéen (voir Tableau 3).
Thrombopénie
Des événements thrombopéniques (thrombopénie et diminution du taux de plaquettes) ont été rapportés avec Blenrep. La thrombopénie peut entraîner des saignements graves, y compris des hémorragies gastro-intestinales et intracrâniennes (voir rubrique 4.8).
La numération formule sanguine (NFS) avec formule leucocytaire et incluant le taux de plaquettes doit être fréquemment surveillée tout au long du traitement. Les patients présentant une thrombopénie de grade 3 ou 4 ou les patients recevant un traitement anticoagulant concomitant peuvent nécessiter une surveillance plus fréquente et peuvent être pris en charge avec un report de l’administration ou une diminution de la posologie (voir Tableau 3). Un traitement de support (par exemple transfusion de plaquettes) peut être dispensé conformément à la pratique médicale courante.
Réactions liées à la perfusion
Des réactions liées à la perfusion ont été rapportées avec Blenrep. La plupart d’entre elles étaient de grade 1 ou 2, et ont été résolues dans la même journée (voir rubrique 4.8). Si une réaction liée à la perfusion de grade 2 ou supérieur se produit pendant l’administration, diminuer le débit de perfusion ou interrompre la perfusion en fonction de la sévérité des symptômes. Instaurer un traitement médical approprié et reprendre la perfusion à un débit plus lent, si l’état du patient est stable. Si une réaction liée à la perfusion de grade 2 ou supérieur se produit, envisager une prémédication pour les perfusions suivantes (voir Tableau 3).
Pneumopathie inflammatoire
Des cas de pneumopathie inflammatoire, y compris des cas mortels, ont été observés avec Blenrep. Une évaluation des patients présentant des symptômes pulmonaires inexpliqués nouveaux ou s'aggravant (par exemple, toux, dyspnée) doit être effectuée afin d'exclure une éventuelle
pneumopathie inflammatoire. En cas de suspicion ou de confirmation de pneumopathie inflammatoire
de grade 3 ou plus, il est recommandé d’arrêter Blenrep et d’initier un traitement approprié.
Réactivation du virus de l'hépatite B
Une réactivation du virus de l'hépatite B (VHB) peut se produire chez les patients traités par des médicaments dirigés contre les cellules B, comme Blenrep, et dans certains cas, peut entraîner une hépatite fulminante, une insuffisance hépatique et le décès. Les patients présentant une sérologie positive pour le VHB doivent être surveillés pour détecter les signes cliniques et de laboratoire de réactivation du VHB conformément aux recommandations cliniques. Chez les patients qui développent une réactivation du VHB pendant le traitement par Blenrep, le traitement par Blenrep doit être suspendu et les patients doivent être traités conformément aux recommandations cliniques.
Excipients à effet notoire
Polysorbate 80
Ce médicament contient du polysorbate 80 (E433) qui peut causer des réactions allergiques. Chaque flacon de 70 mg contient 0,28 mg de polysorbate 80 (E433) dans 1,4 mL de solution reconstituée à prélever, et chaque flacon de 100 mg contient 0,4 mg de polysorbate 80 (E433) dans 2 mL de solution reconstituée à prélever.
Sodium
Ce médicament contient moins de 1 mmol (23 mg) de sodium par dose, c’est-à-dire qu’il est
essentiellement « sans sodium ».
Aucune étude d’interaction médicamenteuse n’a été réalisée. D’après les données in vitro et cliniques disponibles, il existe un faible risque d’interactions médicamenteuses pharmacocinétique ou pharmacodynamique avec belantamab mafodotin.
Les évaluations pharmacocinétiques cliniques du belantamab mafodotin en association avec le bortézomib, le lénalidomide, le pomalidomide et/ou la dexaméthasone n'ont révélé aucune interaction médicamenteuse cliniquement pertinente entre le belantamab mafodotin et ces médicaments qui sont de petites molécules.
Femmes en âge de procréer/Contraception chez les femmes et les hommes
Femmes
Il faut vérifier l’absence de grossesse des femmes en âge de procréer avant d’initier un traitement par Blenrep. Les femmes en âge de procréer doivent utiliser une contraception efficace pendant le traitement par Blenrep et pendant au moins 4 mois après l’administration de la dernière dose.
Hommes
Les hommes dont les partenaires féminines sont en âge de procréer doivent utiliser une contraception efficace pendant le traitement par Blenrep et pendant au moins 6 mois après l’administration de la dernière dose.
Grossesse
Aucune donnée n’est disponible sur l’utilisation de belantamab mafodotin chez la femme enceinte. D’après le mécanisme d’action du composant cytotoxique, le monométhyl auristatine F (MMAF), le belantamab mafodotin peut causer des dommages embryofoetaux lorsqu’il est administré à une femme enceinte (voir rubrique 5.3). Les immunoglobulines humaines G (IgG) sont connues pour traverser la
barrière placentaire et par conséquent, le belantamab mafodotin, qui est une IgG, peut être transmis de
la mère au fœtus en développement.
Blenrep n’est pas recommandé pendant la grossesse à moins que le bénéfice pour la mère l’emporte sur les risques potentiels pour le fœtus. Toute femme enceinte devant être traitée doit être clairement informée du risque potentiel pour le fœtus.
Allaitement
Le passage de belantamab mafodotin dans le lait maternel n’est pas connu. L’immunoglobuline G (IgG) est présente en faible quantité dans le lait maternel. Etant donné que le belantamab mafodotin est un anticorps monoclonal humanisé de type IgG, et compte-tenu de son mécanisme d’action, il pourrait potentiellement entraîner des évènements indésirables graves chez les nouveau-nés ou nourrissons allaités de mères traitées.
Blenrep ne doit pas être utilisé pendant l’allaitement et l’allaitement doit être évité jusqu’à au moins 3 mois après l’administration de la dernière dose de Blenrep.
Fertilité
Compte tenu des observations chez l’animal et du mécanisme d’action, le belantamab mafodotin peut
altérer la fertilité des femmes et des hommes en âge de procréer (voir rubrique 5.3).
Par conséquent, les médecins peuvent conseiller les femmes en âge de procréer et les hommes traités avec Blenrep qui désirent avoir des enfants à l'avenir, sur la préservation de la fertilité.
Blenrep a une influence modérée sur l’aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines. Les patients doivent être avertis d’être prudents lors de la conduite de véhicules et l’utilisation de
machines pendant le traitement par Blenrep car cela peut affecter la vision des patients et influencer
leur capacité à conduire ou utiliser des machines en raison de l’impact sur l’acuité visuelle et des
autres effets indésirables oculaires (voir rubriques 4.4 et 4.8).
Résumé du profil de sécurité
Les effets indésirables les plus fréquents (tous grades confondus) étaient les anomalies observées à l’examen de la cornée (incluant kératopathie) (84%), baisse de l’acuité visuelle (81%), thrombopénie (62%), vision floue (52%), sécheresse oculaire (36%), sensation de corps étranger dans les yeux (32%), photophobie (30%), irritation oculaire (28%), neutropénie (27%), anémie (23%), diarrhée
(23%), neuropathies (23 %) et douleur à l’œil (21%).
Les effets indésirables graves les plus fréquents (tous grades confondus) étaient : pneumonie (9%), fièvre (4%), la COVID-19 (3 %), la pneumonie liée à la COVID-19 (3 %) et thrombopénie (2%).
La proportion de sujets qui arrêtaient le traitement en raison d’effets indésirables était de 24 %. L’effet
indésirable le plus fréquent conduisant à l'arrêt du traitement était les évènements oculaires (7 %).
La fréquence de réduction de dose en raison d’effets indésirables était de 63 %. Les effets indésirables les plus fréquents conduisant à une réduction de la dose étaient les évènements oculaires (39 %), la thrombopénie (12 %), la diminution du taux de plaquettes (6 %), l'insomnie (5 %), la neuropathie
sensorielle périphérique (5 %), la neuropathie périphérique (5 %), la neutropénie (4 %), la fatigue (3
%) et la diminution du nombre de neutrophiles (2 %).
La fréquence de l’espacement de dose en raison d’effets indésirables était de 83 %. Les effets indésirables les plus fréquents conduisant à un espacement de dose étaient les évènements oculaires (67 %), la thrombopénie (16 %), la COVID-19 (11 %), la diminution du taux de plaquettes (8 %), la neutropénie (8 %), l'infection des voies respiratoires supérieures (7 %), la pneumonie (7 %), la diarrhée (4 %), la fièvre (4 %), la diminution du nombre de neutrophiles (4 %), la neuropathie sensorielle périphérique (4 %), la bronchite (3 %), la pneumonie liée à la COVID-19 (3 %), la cataracte (3 %), la neuropathie périphérique (3 %) et l'augmentation de l'alanine aminotransférase (3
%).
Liste tabulée des effets indésirables
Les fréquences des effets indésirables sont basées sur les fréquences des événements indésirables toutes causes confondues, chez des patients atteints de myélome multiple exposés au belantamab mafodotin, pour lesquels, après une évaluation approfondie, une relation causale entre le médicament et l'événement indésirable est au moins une possibilité raisonnable.
La sécurité du belantamab mafodotin a été évaluée chez plus de 7500 patients atteints d’un myélome multiple, dont 516 patients qui ont reçu belantamab mafodontin en triple association dans les études DREAMM-6 (une étude d’exploration de dose de phase 1/2 en ouvert), DREAMM-7 et DREAMM-8, 312 patients qui ont reçu belantamab mafodontin en monothérapie dans les études DREAMM-2 et DREAMM-3, ainsi que des patients l’ayant reçu après la commercialisation.
Les effets indésirables sont listés dans le Tableau 4 par classe de systèmes d'organes et par fréquence.
Au sein de chaque groupe de fréquence, les effets indésirables sont présentés par ordre de gravité décroissante.
Les fréquences sont définies comme suit :
Très fréquent : ≥1/10
Fréquent : ≥1/100 à <1/10
Peu fréquent : ≥1/1 000 à <1/100 Rare : ≥1/10 000 à <1/1 000 Très rare : <1/10 000
Indéterminée : ne peut être estimée sur la base des données disponibles
Tableau 4 : Effets indésirables chez les patients atteints de myélome multiple traités par belantamab mafodotin dans les essais cliniques et post-commercialisation
| Classe de systèmed’organes (SOC) | Effets indésirables | Fréquence | Incidence (%) | |
| Tous les grades | Grade 3-4 | |||
| Infections et infestations | COVID-19 | Très fréquent | 18 | 3 |
| Infection des voies respiratoires supérieures | Très fréquent | 15 | <1 | |
| Pneumonie | Très fréquent | 13 | 7 | |
| Infection des voies urinaires | Fréquent | 9 | 2 | |
| Bronchite | Fréquent | 5 | <1 | |
| Pneumonie liée à la COVID-19 | Fréquent | 3 | 2 | |
| Réactivation du virus del’hépatite B | Peu fréquent | <1 | <1 | |
| Affections | Thrombopéniea | Très fréquent | 62 | 47 |
| Classe de systèmed’organes (SOC)hématologiques et du système lymphatique | Effets indésirables | Fréquence | Incidence (%) | |
| Tous les grades | Grade 3-4 | |||
| Neutropénieb | Très fréquent | 27 | 22 | |
| Anémie | Très fréquent | 23 | 12 | |
| Lymphopéniec | Très fréquent | 10 | 7 | |
| Leucopénied | Fréquent | 9 | 4 | |
| Neutropénie fébrile | Fréquent | 1 | 1 | |
| Affections du système immunitaire | Hypogammaglobulinémie | Fréquent | 2 | <1 |
| Affections du métabolisme et de la nutrition | Diminution de l'appétit | Fréquent | 8 | <1 |
| Affections psychiatriques | Insomnie | Très fréquent | 13 | 1 |
| Affections du système nerveux | Neuropathiee | Très fréquent | 23 | 2 |
| Affections oculaires | Anomalies observées à l’examen de la cornée (incluant kératopathie)f,g | Très fréquent | 84 | 62 |
| Baisse de l’acuité visuellef | Très fréquent | 81 | 50 | |
| Vision floue | Très fréquent | 52 | 13 | |
| Sécheresse oculaire | Très fréquent | 36 | 5 | |
| Sensation de corps étranger dans les yeux | Très fréquent | 32 | 2 | |
| Photophobie | Très fréquent | 30 | 1 | |
| Irritation oculaire | Très fréquent | 28 | 3 | |
| Douleur oculaire | Très fréquent | 21 | <1 | |
| Cataracte | Très fréquent | 13 | 4 | |
| Troubles visuels | Fréquent | 8 | 5 | |
| Larmoiement augmenté | Fréquent | 5 | <1 | |
| Diplopie | Fréquent | 3 | <1 | |
| Prurit oculaire | Fréquent | 2 | <1 | |
| Gêne oculaire | Fréquent | 1 | <1 | |
| Ulcère cornéenh | Fréquent | 1 | <1 | |
| Hypoesthésie cornéenne | Indéterminée | - | - | |
| Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales | Toux | Très fréquent | 11 | <1 |
| Dyspnée | Fréquent | 9 | 1 | |
| Pneumopathie inflammatoire | Rare | <1 | <1 | |
| Affections gastro-intestinales | Diarrhée | Très fréquent | 23 | 2 |
| Nausée | Très fréquent | 17 | <1 | |
| Constipation | Très fréquent | 15 | <1 | |
| Vomissement | Fréquent | 7 | <1 | |
| Affections | Augmentation de l'aspartate | Très fréquent | 15 | 2 |
| Classe de systèmed’organes (SOC) | Effets indésirables | Fréquence | Incidence (%) | |
| Tous les grades | Grade 3-4 | |||
| hépatobiliaires | aminotransférase | |||
| Augmentation de l'alanine aminotransférase | Très fréquent | 13 | 3 | |
| Augmentation de la gamma glutamyltransférase | Très fréquent | 11 | 5 | |
| Troubles vasculaires porto-sinusoïdauxi | Peu fréquent | <1 | <1 | |
| Affections cutanées et tissulaires sous cutanés | Éruption cutanée | Fréquent | 4 | <1 |
| Affections musculo-squelettiques et du tissu conjonctif | Arthralgie | Très fréquent | 11 | <1 |
| Douleurs au dos | Très fréquent | 11 | 1 | |
| Augmentation de la créatine phosphokinase | Fréquent | 3 | 1 | |
| Affections du rein et des voies urinaires | Albuminuriej | Fréquent | 3 | <1 |
| Troubles généraux et anomalies au site d’administration | Fatigue | Très fréquent | 19 | 3 |
| Fièvre | Très fréquent | 18 | <1 | |
| Asthénie | Fréquent | 6 | 1 | |
| Lésions, intoxications et complications liées aux procédures | Réactions liées à la perfusion k | Très fréquent | 11 | <1 |
a Incluant thrombopénie et diminution du taux de plaquettes
b Incluant neutropénie et diminution du taux de neutrophiles
c Incluant lymphopénie et diminution du taux de lymphocytes.
d Incluant leucopénie et diminution du taux de globules blancs.
e Incluant la neuropathie sensorielle périphérique, la neuropathie périphérique, la névralgie, la polyneuropathie, la neuropathie motrice périphérique, la perte sensorielle, la neuropathie sensorimotrice périphérique.
f Basés sur les résultats de l'examen ophtalmologique.
g Incluant kératite ponctuée superficielle, modifications épithéliales d’aspect microkystique, motif de coloration d’aspect spiroïde, haze sous-épithélial, défauts épithéliaux cornéens et opacité stromale avec ou sans modifications de l'acuité visuelle.
h Incluant kératite infectieuse et kératite ulcéreuse.
i Les signes ou symptômes peuvent inclure des tests de la fonction hépatique anormaux, une hypertension portale, des varices et une ascite.
j Incluant albuminurie, présence d’albumine dans l’urine, rapport albumine/créatinine urinaire augmenté, et microalbuminurie.
k Incluant des effets indésirables considérés en lien avec la perfusion. Les réactions à la perfusion peuvent inclure, mais ne sont pas limités à : fièvre, frissons, diarrhée, nausée, asthénie, hypertension, léthargie et tachycardie.
Description de certains effets indésirables
Effets indésirables oculaires
Dans l’ensemble des données regroupées de 3 essais de belantamab mafodotin en association avec d'autres thérapies (n = 516), DREAMM-6 (une étude de phase 1/2, ouverte, d'exploration de doses), DREAMM-7 et DREAMM-8, des événements oculaires ont été rapportés, incluant des anomalies d'examens ophtalmologiques et des effets indésirables oculaires.
Les plus fréquents (>25%) étaient : baisse de l'acuité visuelle (90%), anomalies observées à l’examen de la cornée basés sur les résultats des examens ophtalmologiques (89%), vision floue (62%), sécheresse oculaire (44%), sensation de corps étranger dans les yeux (40%), photophobie (37%), irritation oculaire (35%) et douleur oculaire (27%).
Les anomalies observées à l'examen cornéen (kératopathies telle que la kératite ponctuée superficielle ou des dépôts d’aspect microkystique) ont été rapportés sur la base des résultats de l'examen ophtalmologique comme étant de Grade 1 chez 5% des patients, de Grade 2 chez 14%, de Grade 3 chez 59% et de Grade 4 chez 12%. Des cas d'ulcère cornéen (kératite ulcéreuse et infectieuse) ont été rapportés chez <1% des patients (n = 5). Au moins une anomalie observée à l’examen cornéen ou un événement lié à la MAVC (Grade ≥2) a été rapporté par 86% des patients.
Le Tableau 5 inclut un résumé de la diminution de la vision chez les patients ayant une acuité visuelle normale à l’inclusion (équivalent à 20/25 ou mieux sur l’échelle de Snellen pour au moins un œil) et des anomalies observées à l'examen cornéen à partir des données groupées du belantamab mafodotin en association avec d'autres traitements.
Tableau 5 : Durée médiane et résolution des premiers événements oculaires dans les études cliniques (DREAMM-6, DREAMM-7, DREAMM-8 ; n = 516)
| Réduction bilatérale de la MAVC | Résultats de l’examen cornéen (Evènements deGrade 2+) | ||
| 20/50 ou inférieur | 20/200 ou inférieur | ||
| Patients avec un évènement, n (%) | 161 (31) | 8 (2) | 423 (82) |
| Temps médian jusqu’à la premièreapparition (jours) | 85 | 99 | 43 |
| Amélioration du premier évènementa, n (%) | 155 (96) | 8 (100) | NA |
| Résolution du premier évènementb, n (%) | 145 (90)c | 6 (75)c | 355 (84)d |
| Temps médian jusqu’à la résolution dupremier évènement, jours (intervalle) | 57 (8 ; 908) | 86.5 (22 ; 194) | 106 (8 ; 802) |
| Premier évènement toujours en coursb, n (%) | 16 (10) | 2 (25) | 68 (16) |
| Traitement et suivi toujours en cours, n (%) | 3 (2) | - | 4 (<1) |
| Traitement interrompu et suivitoujours en cours, n (%) | 2 (1) | - | 8 (2) |
| Traitement interrompu et suiviterminé, n (%) | 11 (7) | 2 (25) | 56 (13) |
NA = Non applicable.
a L’amélioration était définie comme une acuité n’étant plus à 20/50, ou 20/200, ou inférieur, pour au moins
un œil.
b Au moment de la clôture des données (DREAMM-6 : 28 Fév 2023 ; DREAMM-7 : 2 Oct 2023 ; DREAMM-8 : 29 Jan 2024).
c La résolution de la baisse de la MAVC était définie comme une acuité dont la valeur est à 20/25 ou mieux pour au moins un œil.
d La résolution des anomalies observées à l’examen cornéen était définie comme des anomalies de
Grade 1 ou mieux sur la base des résultats de l’examen ophtalmologique.
Réactions liées à la perfusion
Dans les études DREAMM-6, DREAMM-7 et DREAMM-8 (n = 516), l'incidence des réactions liées à la perfusion (RLPs) était de 6%. Presque toutes les RLPs ont été rapportées comme étant de Grade 1 (2%) et de Grade 2 (4%), tandis que <1% ont eu des RLPs de Grade 3. Un patient a interrompu le traitement en raison des RLPs. L'incidence des RLPs était de 4% lors de la première perfusion, <1% lors de la deuxième perfusion, et de 2% lors des perfusions suivantes. Les RLPs ont été prises en charge chez 3% des patients ayant présenté un événement par des réductions de dose et chez 41% par des espacements de dose, tandis que 50% ont nécessité l’ajout d’une prémédication.
Thrombopénie
Dans les études DREAMM-6, DREAMM-7 et DREAMM-8 (n = 516), des événements thrombopéniques (thrombopénie et diminution du taux de plaquettes) sont survenus chez 74 % des patients. Des événements thrombopéniques de grade 2 sont survenus chez 10 % des patients, de grade 3 chez 26 % et de grade 4 chez 33 %. Des saignements cliniquement significatifs (≥ grade 2) sont survenus chez 5 % des patients présentant concomitamment des taux de plaquettes bas (grades 3 à 4). Ces saignements cliniquement significatifs comprenaient : thrombopénie, diminution du taux de plaquettes, épistaxis, hémorragie des voies urinaires, hémorragie hémorroïdaire, hémorragie gastro-intestinale, hémorragie buccale, hémorragie cérébrale et hématurie, et étaient de grade 2 chez <1 %, de grade 3 chez 2 %, de grade 4 chez 3 % et de grade 5 chez <1 % des patients. Le délai médian d’apparition de la première thrombopénie était de 8 jours (intervalle : 1, 659). La durée médiane de la première thrombopénie était de 15 jours (intervalle : 1, 361). La thrombopénie a été gérée chez 35 % des patients ayant eu un événement par une réduction de la dose et chez 44 % par un espacement de la dose, tandis que 2 % ont nécessité un arrêt définitif.
Infections
Dans les études DREAMM-6, DREAMM-7 et DREAMM-8 (n = 516), la COVID-19 a été rapportée chez 23% des patients, dont 4% de Grade 3 et moins de 1% de Grade 4. Le décès est survenu chez moins de 1% des patients, 16% ont eu un événement entraînant un report de dose, tandis que moins de 1% ont nécessité un arrêt permanent du traitement.
Dans les études DREAMM-6, DREAMM-7 et DREAMM-8 (n = 516), une pneumonie a été rapportée chez 18 % des patients, avec 9 % de Grade 3 et <1 % de Grade 4. Parmi les événements de pneumonie survenus, 2 % ont entraîné un décès, <1 % ont conduit à une réduction de la dose, 11 % à un espacement de dose, tandis que 2 % ont nécessité un arrêt définitif du traitement.
Dans les études DREAMM-6, DREAMM-7 et DREAMM-8 (n = 516), une pneumonie due à la COVID-19 a été rapportée chez 5% des patients, dont 3% de Grade 3 et moins de 1% de Grade 4. Le décès est survenu chez 1% des patients, 4% ont eu un événement entraînant un espacement de dose, tandis que moins de 1% ont nécessité un arrêt définitif du traitement.
Personnes âgées
Dans les études DREAMM-6, DREAMM-7 et DREAMM-8 (n = 516), 226 patients avaient moins de 65 ans, 211 patients avaient entre 65 ans et moins de 75 ans, et 79 patients avaient 75 ans ou plus.
Des événements indésirables graves sont survenus chez 45 % des patients de moins de 65 ans, comparé à 60 % chez ceux âgés de 65 ans à moins de 75 ans et 56 % chez ceux de 75 ans ou plus. L’effet indésirable grave le plus fréquent était la pneumonie chez 9 % des patients de moins de 65 ans, 17 % dans le groupe d’âge des 65 ans à moins de 75 ans et 9 % dans le groupe d’âge des 75 ans ou plus.
Les événements oculaires (Grade 3 ou 4) sont survenus chez 76 % des patients de moins de 65 ans, comparé à 79 % chez ceux âgés de 65 ans à moins de 75 ans et 71 % chez ceux de 75 ans ou plus.
Déclaration des effets indésirables suspectés
La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration – voir Annexe V.
Il n’existe pas d’antidote spécifique connu en cas de surdosage par belantamab mafodontin. Si un surdosage est suspecté, le patient doit être étroitement surveillé afin de détecter tout signe ou symptôme de réactions indésirables et un traitement de support approprié doit être instauré.
PROPRIÉTÉS PHARMACOLOGIQUES
Propriétés pharmacologiques - BLENREP 70 mg
Classe pharmacothérapeutique : agents antinéoplasiques, anticorps monoclonaux et conjugués anticorps-médicament, code ATC : L01FX15.
Mécanisme d'action
Le belantamab mafodotin est un anticorps monoclonal humanisé IgG1 kappa conjugué avec un agent cytotoxique, le mcMMAF. Le belantamab mafodotin se lie au BCMA à la surface de la cellule et est rapidement internalisé. Une fois à l'intérieur de la cellule tumorale, l'agent cytotoxique (cys-mcMMAF) est libéré, perturbant le réseau de microtubules, ce qui entraîne l'arrêt du cycle cellulaire et l'apoptose. L'anticorps favorise également le recrutement et l'activation des cellules effectrices immunitaires, tuant les cellules tumorales par cytotoxicité cellulaire dépendante des anticorps et par phagocytose. L'apoptose induite par le belantamab mafodotin s’accompagne de marqueurs de mort cellulaire immunogène, ce qui peut favoriser une réponse immunitaire adaptative contre les cellules tumorales.
Effets pharmacodynamiques
Électrophysiologie cardiaque
Le belantamab mafodotin ou le cys-mcMMAF n'a entrainé aucun allongement significatif de l'intervalle QTc (>10 ms) à des doses allant jusqu'à 3,4 mg/kg administrées une fois toutes les 3 semaines.
Immunogénicité
Les anticorps anti-médicament (ADA) ont rarement été détectés. Aucune preuve d'impact de l'ADA sur la pharmacocinétique, l'efficacité ou l'innocuité n'a été observée.
Efficacité et sécurité cliniques
DREAMM-7 : Blenrep en association avec le bortézomib et la dexaméthasone
L’efficacité et la sécurité du belantamab mafodotin en association avec le bortézomib et la dexaméthasone (BVd) ont été étudiées dans une étude multicentrique de Phase 3, randomisée (1:1), en ouvert, menée chez des patients atteints de myélome multiple (MM) en rechute après au moins une ligne de traitement antérieure.
Dans le bras BVd (N = 243), les patients ont reçu belantamab mafodotin 2,5 mg/kg par perfusion intraveineuse toutes les 3 semaines le jour 1 de chaque cycle ; bortézomib 1,3 mg/m2 (par voie sous-cutanée) les jours 1, 4, 8 et 11 des cycles 1 à 8 (cycles de 21 jours) ; et dexaméthasone 20 mg (perfusion intraveineuse ou par voie orale) le jour et le lendemain du traitement par bortézomib. Dans le bras daratumumab, bortézomib et dexaméthasone (DVd) (N = 251), les patients ont reçu du daratumumab 16 mg/kg (IV) : chaque semaine pour les cycles 1 à 3, toutes les 3 semaines pour les cycles 4 à 8 et toutes les 4 semaines à partir du cycle 9 et plus. Les protocoles d’administration de dexaméthasone et de bortézomib étaient les mêmes dans les deux bras. Le traitement a été poursuivi dans les deux bras jusqu'à la progression de la maladie, le décès, l’apparition d’une toxicité inacceptable, le retrait du consentement ou la fin de l'étude. Les patients ont été stratifiés selon le système de stadification révisé de l'International Staging System (R-ISS), l'exposition antérieure au bortézomib et le nombre de lignes de traitement antérieures.
Les principaux critères d'éligibilité à l’étude étaient : un diagnostic confirmé de MM selon les critères de l'International Myeloma Working Group (IMWG), avoir reçu au moins 1 ligne antérieure de traitement du MM, et avoir présenté une progression documentée de la maladie pendant ou après leur traitement le plus récent. Les patients étaient exclus s'ils étaient intolérants au bortézomib, étaient réfractaires à une administration bihebdomadaire de bortézomib, avaient précédemment été traités par une thérapie ciblant BCMA, présentaient une douleur neuropathique ou une neuropathie périphérique de grade ≥ 2 en cours, ou une maladie épithéliale cornéenne active excepté une kératite ponctuée légère.
Le critère principal d’évaluation de l’efficacité était la survie sans progression (PFS) évaluée par un
comité de relecture indépendant (IRC) en aveugle, selon les critères IMWG pour le MM.
Un total de 494 patients ont été évalués pour l'efficacité dans l'étude DREAMM-7. A l’inclusion, les caractéristiques démographiques et cliniques étaient similaires dans les deux bras de traitement, notamment : âge médian de 65 ans (36 % âgés de 65 à 74 ans et 14 % âgés de 75 ans ou plus) ; 55 % d'hommes, 45 % de femmes ; 83 % de type caucasien, 12 % asiatiques, 4 % noirs, <1 % de métisse ; stade R-ISS au dépistage I (41 %), II (53 %), III (5 %) ; 28 % avec un risque cytogénétique élevé, nombre médian de 1 ligne de traitement antérieure ; 8 % avec une maladie extramédullaire (EMD) présente ; et parmi ceux ayant reçu un traitement (N = 488), statut de performance selon l'Eastern Cooperative Oncology Group (ECOG PS) 0 (48 %), 1 (48 %), ou 2 (4 %). Dans le bras BVd, 90 % des patients avaient reçu un traitement antérieur par un inhibiteur du protéasome (bortézomib, carfilzomib, ixazomib), 81 % par un immunomodulateur (lénalidomide, thalidomide, pomalidomide), et 67 % avaient déjà bénéficié d’une autogreffe de cellules souches (AGCS). 9 % des patients étaient réfractaires au traitement par un inhibiteur du protéasome et 39 % au traitement par un immunomodulateur. Dans le bras DVd, 86 % des patients avaient reçu un traitement antérieur par un inhibiteur du protéasome (bortézomib, carfilzomib, ixazomib), 86% par un immunomodulateur (lénalidomide, thalidomide, pomalidomide) et 69 % des patients avaient précédemment bénéficié d’une autogreffe de cellules souches. 10% des patients étaient réfractaires au traitement par un inhibiteur du protéasome et 41 % au traitement par un immunomodulateur.
Les patients traités avec belantamab mafodotin en association avec le bortézomib et la dexaméthasone ont montré une amélioration statistiquement significative de la PFS, de la survie globale (OS) et du taux de négativité de la maladie résiduelle minimale (MRD) par rapport aux patients traités par l’association daratumumab, bortézomib et dexaméthasone. Les résultats d'efficacité au moment de la première analyse intermédiaire (date de clôture des données : 2 octobre 2023), à l’exception de l'OS où
les données proviennent de la deuxième analyse intermédiaire (date de clôture des données : 7 octobre 2024), sont présentés dans le Tableau 6 et les Figures 1 et 2.
Tableau 6 : Résultats d'efficacité de DREAMM-7
| Belantamab mafodotin + bortézomib et dexaméthasone(BVd)a N = 243 | Daratumumab + bortézomib et dexaméthasone (DVd)aN = 251 | |
| Critère d'évaluation principal | ||
| Survie sans progression (PFS)b | ||
| Nombre (%) de patients présentant un événement | 91 (37) | 158 (63) |
| Médiane en mois (IC à 95 %)c | 36,6 (28,4 ; NR) | 13,4 (11,1;17,5) |
| Hazard ratio (IC à 95 %)d | 0,41 (0,31 ; 0,53) | |
| Valeur de pe | <0,00001 | |
| Critères d'évaluation secondaires | ||
| Survie globale (OS) | ||
| Nombre (%) de patients présentant unévénement | 68 (28) | 103 (41) |
| Médiane en mois (IC à 95 %)c | NR (NR ; NR) | NR (41 ; NR) |
| Hazard ratio (IC à 95%)d | 0,58 (0,43 ; 0,79) | |
| Valeur de p | 0,00023 | |
| Taux de négativité de la maladie résiduelle minimale (MRM)b,f,g | ||
| Pourcentage de patients, (IC à 95 %) | 24,7 (19,4 ; 30,6) | 9,6 (6,2 ; 13,9) |
| Valeur de ph | <0,00001 | |
IC = Intervalle de confiance ; NR = Non atteint (not reached).
a Les données d’efficacité sont basées sur la population en intention de traiter (ITT).
b La réponse a été évaluée par l'IRC selon les critères de l'IMWG.
c Par Méthode Brookmeyer et Crowley.
d Basé sur le modèle de régression de Cox stratifié.
e Valeur de p unilatérale basée sur un test de log-rank stratifié.
f Pour les patients ayant obtenu une réponse complète ou mieux.
g Évalué par séquençage de nouvelle génération (NGS) avec un seuil à 10-5.
h Valeur de p bilatérale basée sur le test stratifié de Cochran-Mantel-Haenszel.
Figure 1 : Courbe de Kaplan-Meier de survie sans progression par IRC dans DREAMM-7
1.0
Traitement
Belantamab mafodotin + Bortezomib/Dexamethasone Daratumumab + Bortezomib/Dexamethasone
Probabilité de survie sans progression0.8
0.6
0.4
0.2
0.0
0 2 4 6
8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32 34 36 38 40
Nombres à risque (Nombre d’événements)Belantamab mafodotin + Bortezomib/Dexamethasone
Daratumumab + Bortezomib/Dexamethasone
Temps à partir de la randomisation (en mois)Figure 2 : Courbe de Kaplan-Meier de survie globale dans DREAMM-7
Traitement
Probabilité de survie globaleBenlantamab mafodotin + Bortezomib/Dexamethasone Daratumumab + Bortezomib/Dexamethasone
Nombres à risques (Nombre d’événements)Belantamab mafodotin + Bortezomib/Dexamethasone
Daratumumab + Bortezomib/Dexamethasone
Temps à partir de la randomisation (en mois)DREAMM-8 : belantamab mafodotin en association avec le pomalidomide et la dexaméthasone L'efficacité et la sécurité du belantamab mafodotin en association avec le pomalidomide et la dexaméthasone (BPd) ont été évaluées dans le cadre d'une étude de phase 3 multicentrique, randomisée (1:1), ouverte et menée chez des patients atteints de myélome multiple (MM) en rechute après au moins une ligne de traitement antérieure, incluant le lénalidomide.
Dans le bras BPd (N = 155), les patients ont reçu du belantamab mafodotin 2,5 mg/kg par perfusion intraveineuse au jour 1 du cycle 1 (cycle de 28 jours), suivi de 1,9 mg/kg toutes les 4 semaines au jour 1 du cycle 2 (cycles de 28 jours) et des cycles suivants ; du pomalidomide 4 mg (par voie orale [PO]) administré les jours 1 à 21 ; et de la dexaméthasone 40 mg PO les jours 1, 8, 15 et 22 de chaque cycle de 28 jours. Dans le bras pomalidomide, bortézomib et dexaméthasone (PVd) (N = 147), 4 mg PO de pomalidomide ont été administrés toutes les 3 semaines aux jours 1 à 14 de chaque cycle (cycle de 21 jours) ; le bortézomib 1,3 mg/m2 a été administré par voie sous-cutanée les jours 1, 4, 8 et 11 des cycles 1 à 8, puis les jours 1 et 8 à partir du cycle 9 (cycles de 21 jours). La dexaméthasone 20 mg PO a été administrée le jour même et le lendemain du bortézomib. Dans chaque bras, la dose de dexaméthasone a été réduite de moitié chez les patients âgés de 75 ans et plus. Dans les deux bras, le traitement s'est poursuivi jusqu'à la progression de la maladie, la survenue d’une toxicité inacceptable, le retrait du consentement, l'instauration d'un autre traitement anticancéreux ou la fin de l'étude/le décès. Les patients ont été stratifiés en fonction du nombre de lignes de traitement antérieures, de l'exposition préalable au bortézomib, du traitement anti-CD38 antérieur et de l'état du système international de stadification (ISS).
Les principaux critères d'éligibilité à l’étude étaient un diagnostic confirmé de myélome multiple (MM) selon les critères de l'IMWG, avoir reçu moins 1 ligne antérieure de traitement du MM, y compris le lénalidomide, et avoir présenté une progression documentée de la maladie pendant ou après leur traitement le plus récent. Les patients étaient exclus de l’étude s'ils avaient reçu un traitement par le pomalidomide ou s'ils y étaient intolérants, avaient précédemment été traités par une thérapie ciblant BCMA, ou s'ils présentaient actuellement une pathologie cornéenne, à l'exception d'une kératite ponctuée légère.
Le critère principal d'évaluation de l'efficacité était la PFS évaluée par un IRC en aveugle selon les critères IMWG pour le MM.
Au total, 302 patients ont été évalués pour l'efficacité dans l'étude DREAMM-8. A l’inclusion, les caractéristiques démographiques et cliniques étaient similaires dans les deux bras, notamment : âge médian de : 67 ans (43 % âgés de 65 à 74 ans et 18 % âgés de 75 ans ou plus) ; 60 % d'hommes, 40 % de femmes ; 86 % de type caucasien, 12 % asiatiques, <1 % hawaïens ou autres insulaires du Pacifique, <1 % de métisse ; stade R-ISS au dépistage I (59 %), II (26 %), III (15 %) ; 33 % avec un risque cytogénétique élevé, nombre médian de 1 ligne de traitement antérieure ; 10 % avec EMD présent ; et parmi ceux ayant reçu un traitement (N = 295), ECOG PS 0 (55 %), 1 (42 %) ou 2 (3 %). Dans le bras BPd, 100 % des patients avaient reçu un traitement antérieur par un immunomodulateur (lénalidomide, thalidomide), 90 % par un inhibiteur du protéasome (bortézomib, carfilzomib, ixazomib), 25 % par un anti-CD38 (daratumumab, isatuximab) et 64 % une AGCS. Il y avait 82 % des patients réfractaires au traitement par un immunomodulateur, 26 % au traitement par un inhibiteur du protéasome et 23 % au traitement par un anti-CD38. Dans le bras PVd, 100 % des patients avaient reçu un traitement antérieur par un immunomodulateur (lénalidomide, thalidomide), 93 % des patients par un inhibiteur du protéasome (bortézomib, carfilzomib, ixazomib), 29 % des patients par un anti-CD38 (daratumumab, isatuximab, anti-CD38) et 56 % une AGCS. Il y avait 76 % des patients réfractaires au traitement par un immunomodulateur, 24 % au traitement par un inhibiteur du protéasome et 24 % au traitement par un anti-CD38.
Les patients traités par belantamab mafodotin en association avec le pomalidomide et la dexaméthasone ont présenté une amélioration statistiquement significative de la PFS dans l'ensemble de la population par rapport aux patients traités par l’association pomalidomide, bortézomib et dexaméthasone. Les résultats d'efficacité au moment de la première analyse intermédiaire (date de clôture des données : 29 janvier 2024) sont présentés dans le Tableau 7 et les Figures 3 et 4.
Tableau 7 : Résultats d'efficacité de DREAMM-8
| Belantamab mafodotin+ pomalidomide et dexaméthasone (BPd)aN = 155 | Pomalidomide + bortézomib et dexaméthasone (PVd)aN = 147 | |
| Critère d'évaluation principal | ||
| Survie sans progression (PFS)b | ||
| Nombre (%) de patients présentant un événement | 62 (40) | 80 (54) |
| Médiane en mois (IC à 95 %)c,d,e | NR (20,6 ; NR) | 12,7 (9,1 ; 18,5) |
| Hazard ratio (IC à 95 %)f | 0,52 (0,37 ; 0,73) | |
| Valeur de pg | <0,001 | |
| Critères d'évaluation secondairesh | ||
| Survie globale (OS) | ||
| Nombre (%) de patients présentant un événement | 49 (32) | 56 (38) |
| Médiane en mois (IC à 95 %)c | NR (33 ; NR) | NR (25,2 ; NR) |
| Hazard ratio (IC à 95 %)f | 0,77 (0,53 ; 1,14) | |
| Taux de négativité de la maladie résiduelle minimale (MRM)b, i, j | ||
| Pourcentage de patients (IC à 95 %) | 23,9 (17,4 ; 31,4) | 4,8 (1,9 ; 9,6) |
IC = Intervalle de confiance ; NR = Non atteint.
a Les données d’efficacité sont basées sur la population en intention de traiter (ITT).
b La réponse a été évaluée par l'IRC selon les critères de l'IMWG.
c Par Méthode Brookmeyer et Crowley.
d Suivi médian de 21,8 mois.
e Au moment de la date de clôture des données (29 janvier 2024).
f Basé sur le modèle de régression de Cox stratifié.
g Valeur de p unilatérale basée sur un test de log-rank stratifié.
h Les résultats n'ont pas atteint la significativité statistique.
i Pour les patients avec une réponse complète ou meilleure.
j Évalué par NGS avec un seuil de 10-5.
Figure 3 : Courbe de Kaplan-Meier de survie sans progression par IRC dans DREAMM-8
1.0
Traitement
Belantamab mafodotin + Pomalidomide/Dexamethasone Pomalidomide + Bortezomib/Dexamethasone
Probabilité de survie sans progression0.8
0.6
0.4
0.2
0.0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32 34 36 38
Nombre à risque (Nombre d’événements)Belantamab mafodotin + Pomalidomide/Dexamethasone
Pomalidomide + Bortezomib/Dexamethasone
Temps à partir de la randomisation (en mois)Figure 4 : Courbe de Kaplan-Meier de survie globale dans DREAMM-8
Traitement
Belantamab mafodotin + Pomalidomide/Dexamethasone
1.0 Pomalidomide + Bortezomib/Dexamethasone
0.8
Probabilité de survie globale0.6
0.4
0.2
0.0
0 2 4 6
Nombre à risque (Nombre d’événements)Belanatamab mafodotin + Pomalidomide/Dexamethasone
Pomalidomide + Bortezomib/Dexamethasone
8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32 34 36 38 40
Temps à partir de la randomisation (en mois)Population pédiatrique
L'Agence européenne des médicaments a accordé une dérogation à l'obligation de soumettre les résultats d’études réalisées avec Blenrep dans tous les sous-groupes de la population pédiatrique dans l’indication du myélome multiple (voir rubrique 4.2 pour les informations concernant l’usage pédiatrique).
Absorption
La concentration maximale de belantamab mafodotin (ADC) a été atteinte au moment ou peu après la fin de la perfusion, tandis que les concentrations de cys-mcMMAF ont atteint un pic environ 24 heures après l'administration.
Le Tableau 8 décrit la pharmacocinétique du belantamab mafodotin pour des doses de 2,5 mg/kg au cycle 1, jour 1, à la fin du premier intervalle de 3 semaines.
Tableau 8 : Pharmacocinétique de Belantamab mafodotin à la fin du premier intervalle de 3 semainesa
| ASCb | Cavg21 | Cmax | Ctau | |
| ADC (%) | 3 950 mcg•h/mL(30,6) | 7,83 mcg/mL(30,6) | 43,7 mcg/mL(22,1) | 2,03 mcg/mL(62,5) |
| cys-mcMMAF (%) | 94,2 ng•h/mL(42,3) | 0,243 ng/mL(42,4) | 0,976 ng/mL(45,3) | – |
ADC = anticorps immuno-conjugué ; ASC = aire sous la courbe ; Cavg21 = concentration moyenne de belantamab mafodotin sur 21 jours ; Cmax = concentration plasmatique maximale ; Ctau = concentration à la fin d'un intervalle de dosage.
a Données présentées sous forme de moyenne géométrique (% CV), basé sur des modèles PK de population.
b L'ASC pour l'ADC est ASC(0-21jours) et ASC(0-7jours) pour cys-mcMMAF.
L'accumulation de belantamab mafodotin (ADC) était minimale à modérée (le rapport du cycle 3 au cycle 1 était de 1,13 pour le Cmax et de 1,58 pour l'ASC) et l'accumulation de cys-mcMMAF était négligeable, comme observé dans les études cliniques avec un schéma posologique toutes les 3 semaines.
Distribution
In vitro, le cys-mcMMAF a montré une faible liaison aux protéines (70 % non liée à une concentration de 5 ng/mL) dans le plasma humain, de manière dépendante de la concentration.
D'après l'analyse pharmacocinétique de la population, la moyenne géométrique (CV géométrique %) du volume de distribution de belantamab mafodotin à l'état d'équilibre était de 10,8 L (22 %).
Biotransformation
La portion d’anticorps monoclonal du belantamab mafodotin devrait subir une protéolyse en petits peptides et acides aminés individuels par des enzymes protéolytiques ubiquitaires. La clairance métabolique du cys-mcMMAF était limitée dans les études d’incubation de fractions hépatiques humaines S9.
Interactions médicamenteuses
Des études in vitro ont démontré que le cys mcMMAF n'est ni un inhibiteur, ni un inducteur, ni un substrat sensible des enzymes du cytochrome P450, mais il est un substrat du polypeptide de transport d'anions organiques (OATP)1B1 et OATP1B3, de protéines associées à la résistance polymédicamenteuse (MRP)1, MRP2, MRP3, de la pompe d’efflux des acides sels biliaires (BSEP) et un substrat possible de la P-glycoprotéine (P-gp). Aucune interaction médicamenteuse cliniquement pertinente n’est attendue avec des inhibiteurs ou des inducteurs de ces enzymes et transporteurs.
Élimination
Sur la base de l'analyse pharmacocinétique de population chez les patients traités par belantamab mafodotin en monothérapie ou en association avec d'autres médicaments, la moyenne géométrique (CV géométrique %) de la clairance systémique initiale (CL) de belantamab mafodotin (ADC) était de 0,901 L/jour (40 %), et la demi-vie d'élimination était de 13 jours (26 %). Après le traitement, la CL à l'état d'équilibre était de 0,605 L/jour (43 %), soit environ 33 % inférieure à la CL systémique initiale, avec une demi-vie d'élimination de 17 jours (31 %).
La fraction de cys-mcMMAF intacte excrétée dans l'urine n'était pas substantielle (environ 18 % de la dose) après la dose du cycle 1, sans preuve de présence d'autres métabolites liés au MMAF.
Linéarité/non-linéarité
Le belantamab mafodotin présente une pharmacocinétique proportionnelle à la dose, dans l’intervalle
de dose recommandé, avec une réduction de la clairance au cours du temps. Populations particulières
Personnes âgées (≥ 65 ans)
Sur la base d'une population de patients âgés de 32 à 89 ans, l'âge n'était pas une covariable significative dans les analyses pharmacocinétiques de population.
Insuffisance rénale
Chez les patients atteints d'insuffisance rénale, y compris d’insuffisance sévère (DFGe 15-29 mL/min, n = 8) ou d’insuffisance rénale terminale (DFGe < 15 mL/min) avec dialyse (n = 8) ou sans dialyse (n
= 5), la Cmax et l'ASC (0-tau) du belantamab mafodotin se situaient à des valeurs comprises dans un intervalle d’approximativement 20% par rapport à celles observées chez les patients présentant une fonction rénale normale ou une insuffisance rénale légère (DFGe ≥ 60 mL/min, n = 8). Pour le cys-mcMMAF, les changements de la Cmax et l’ASC (0-168h) étaient plus variables (jusqu’à environ un facteur 2). Globalement, l’insuffisance rénal n’a pas d’impact cliniquement significatif sur la pharmacocinétique du belantamab mafodotin ou du cys-mcMMAF.
La fonction rénale (DFGe 12-150 mL/min) n'était pas une covariable significative dans les analyses pharmacocinétiques de population qui incluaient des patients ayant une fonction rénale normale, légère (DFGe 60-89 mL/min), modérée (DFGe 30-59 mL/min) ou sévère (DFGe < 30 mL/min ne nécessitant pas de dialyse).
Le belantamab mafodotin ne devrait pas être éliminé par dialyse en raison de sa taille moléculaire. Bien que le cys-mcMMAF libre puisse être éliminé par dialyse, l'exposition systémique au cys-mcMMAF est très faible et n'a pas été associée à l'efficacité ou à l'innocuité d'après l'analyse exposition-réponse.
Insuffisance hépatique
Aucune étude spécifique n'a été réalisée chez des patients présentant une insuffisance hépatique. La fonction hépatique, selon la classification du National Cancer Institute Organ Dysfunction Working Group, n'était pas une covariable significative dans les analyses pharmacocinétiques de la population qui comprenaient des patients présentant une fonction hépatique normale, une insuffisance hépatique
légère (bilirubine totale >LSN à ≤1,5 × LSN, et toute AST ou bilirubine totale ≤ LSN avec AST
>LSN) ou une insuffisance hépatique modérée (bilirubine totale >1,5 x LSN à ≤3 × LSN et tout AST). Des données limitées sont disponibles pour les patients atteints d'insuffisance hépatique modérée (n = 5) ou d'insuffisance hépatique sévère (n = 1, bilirubine totale > 3 × LSN et toute AST) dans les analyses pharmacocinétiques de population.
Poids corporel
Le poids corporel (37 à 170 kg) était une covariable significative dans les analyses pharmacocinétiques de population, mais cet effet sera ajusté par le schéma posologique proportionnel au poids (voir rubrique 4.2).
Données pharmaceutiques - BLENREP 70 mg
Citrate sodique dihydraté
Acide citrique monohydraté (E330) Tréhalose dihydraté
Édétate disodique Polysorbate 80 (E433)
En l’absence d’études de compatibilité, ce médicament ne doit pas être mélangé avec d’autres
médicaments.
Flacon non ouvert
4 ans.
Solution reconstituée
La solution reconstituée peut être conservée jusqu’à 4 heures à température ambiante (20 ºC – 25 ºC) ou conservée au réfrigérateur (2 °C – 8 °C) jusqu’à 4 heures. Ne pas congeler.
Solution diluée
D’un point de vue microbiologique, le produit doit être utilisé immédiatement.
En cas d’utilisation non immédiate, la solution diluée peut être conservée au réfrigérateur (2 °C –
8 °C) jusqu’à 24 heures avant l’administration. Ne pas congeler. Si la solution diluée est conservée au réfrigérateur, la laisser s’équilibrer à la température ambiante avant de l’administrer.
La solution diluée pour perfusion peut être conservée à température ambiante (20 ºC – 25 ºC) jusqu’à 6 heures maximum (incluant la durée de perfusion).
A conserver au réfrigérateur (2 °C – 8 °C).
Pour les conditions de conservation du médicament après reconstitution, voir la rubrique 6.3.
Blenrep 70 mg poudre pour solution à diluer pour perfusion
Flacon de verre de type 1 de 6 mL contenant 70 mg de poudre scellé avec un bouchon en caoutchouc bromobutyle et une bague en aluminium avec une capsule amovible en plastique.
Présentation : 1 flacon
Blenrep 100 mg poudre pour solution à diluer pour perfusion
Flacon de verre de type 1 de 6 mL contenant 100 mg de poudre scellé avec un bouchon en caoutchouc bromobutyle et une bague en aluminium avec une capsule amovible en plastique.
Présentation : 1 flacon
Des précautions doivent être prises lors de la manipulation et de la préparation de Blenrep. Suivre les procédures de manipulation et d'élimination appropriées des médicaments anticancéreux.
Préparation de la solution pour perfusion
Blenrep est un médicament anticancéreux cytotoxique. Il doit être manipulé avec précaution. La reconstitution et la dilution de la solution doivent être effectuées en condition aseptique.
Calculer la dose (mg), le volume total (mL) de solution nécessaire et le nombre de flacons nécessaires en fonction du poids corporel réel du patient (kg).
Reconstitution
-
Sortir le ou les flacons de Blenrep du réfrigérateur et les laisser reposer pendant environ 10
minutes jusqu’à ce qu’ils soient à température ambiante.
-
Reconstituer chaque flacon de 70 mg avec 1,4 mL d'eau pour préparations injectables afin d'obtenir une concentration de 50 mg/mL. Agitez doucement le flacon pour faciliter la dissolution. Ne pas secouer.
Reconstituer chaque flacon de 100 mg avec 2 mL d'eau pour préparations injectables afin d'obtenir une concentration de 50 mg/mL. Agitez doucement le flacon pour faciliter la dissolution. Ne pas secouer.
-
Inspectez visuellement la solution reconstituée afin de détecter la présence de particules et toute coloration anormale. La solution reconstituée doit se présenter sous la forme d’un liquide transparent à opalescent, incolore à jaune ou brun. Jeter la solution reconstituée en cas de présence de corps étrangers, autres que des particules protéiques translucides à blanches.
Dilution
-
Prélever de chaque flacon le volume nécessaire pour la dose calculée.
-
Ajouter la quantité nécessaire de Blenrep dans la poche pour perfusion contenant 250 mL de solution de chlorure de sodium injectable à 0,9 % (9mg/mL). Mélanger délicatement la solution diluée par retournement. La concentration finale de la solution diluée doit se situer entre 0,2 mg/ml et 2 mg/mL. Ne pas secouer.
-
Jeter toute la solution reconstituée inutilisée de Blenrep restant dans le flacon.
Si la solution diluée pour perfusion n’est pas utilisée immédiatement, elle peut être conservée au réfrigérateur (entre 2 °C et 8 °C) jusqu’à 24 heures avant l’administration. Si la solution diluée est conservée au réfrigérateur, la laisser s’équilibrer à la température ambiante avant de l’administrer. La solution diluée peut être conservée à température ambiante (20 ºC – 25 ºC) pendant un maximum de 6 heures avant l’administration (incluant la durée de perfusion).
Administration
-
Administrer la solution diluée uniquement par perfusion intraveineuse et pendant approximativement 30 minutes à l’aide d’un set de perfusion en polychlorure de vinyle ou en
polyoléfine. Dans le cas où le temps d'administration devrait être prolongé au-delà de 30 minutes, ne dépassez pas la durée d'utilisation autorisée de 6 heures, incluant la préparation et l'administration de la dose.
-
Il n’est pas nécessaire de filtrer la solution diluée. Cependant, si la solution diluée est filtrée, il
est recommandé d’utiliser un filtre de 0,2 μm ou 0,22 μm à base de polyéthersulfone (PES).
Elimination
Tout médicament non utilisé ou déchet doit être éliminé conformément à la réglementation en vigueur.