YELLOX 0,9 mg/ml, collyre en solution
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RCP - YELLOX 0,9 mg/ml
Yellox est indiqué chez l’adulte dans le traitement de l’inflammation oculaire post-opératoire après extraction de la cataracte.
Posologie
Utilisation chez l’adulte et les sujets âgés
La posologie est une (1) goutte de Yellox dans l’œil ou les yeux malade(s) deux fois par jour. Le traitement commence le lendemain de la chirurgie de la cataracte et se poursuit pendant les 2 premières semaines post-opératoires.
La durée du traitement ne doit pas dépasser 2 semaines, période au-delà de laquelle les données de sécurité sont inexistantes.
Troubles hépatiques et rénaux
Aucune étude sur l’utilisation de Yellox n’a été réalisée chez des patients atteints d’insuffisance hépatique et rénale.
Population pédiatrique
La sécurité et l’efficacité du bromfénac chez les patients pédiatriques n’ont pas été établies. Aucune donnée n’est disponible.
Mode d’administration Voie ophtalmique.
Si plusieurs médicaments ophtalmologiques à usage topique sont utilisés, chacun d’eux doit être instillé à au moins 5 minutes d’intervalle.
Pour éviter une contamination de l’embout compte-gouttes et de la solution, veiller à ne pas toucher les paupières, les zones avoisinantes ou d’autres surfaces avec l’embout compte-gouttes du flacon.
Hypersensibilité au bromfénac, ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1 ou à tous autres médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).
Yellox est contre-indiqué chez les patients pour lesquels l’acide acétylsalicylique ou d’autres médicaments inhibiteurs de la prostaglandine synthétase ont déclenché des crises d’asthme, de l’urticaire ou une rhinite aiguë.
Comme les corticostéroïdes topiques, tous les AINS topiques peuvent ralentir ou retarder la cicatrisation. L’utilisation concomitante d’AINS et de stéroïdes topiques peut potentialiser les problèmes de cicatrisation.
Sensibilité croisée
Il existe un risque de sensibilité croisée à l’acide acétylsalicylique, aux dérivés d’acide phénylacétique et à d’autres AINS. Pour cette raison, le traitement de patients qui ont des antécédents de sensibilité à ces médicaments doit être évité (voir rubrique 4.3).
Sujets prédisposés
Chez les patients prédisposés, l’utilisation continue d’AINS topiques, dont le bromfénac, peut conduire à une dégénérescence épithéliale, un amincissement cornéen ainsi qu’une érosion, une ulcération ou une perforation cornéenne. Ces événements peuvent engager le pronostic visuel. Les patients présentant une dégénérescence épithéliale de la cornée doivent interrompre immédiatement l’utilisation d’AINS topiques ; l’état de leur cornée doit être étroitement surveillé. Par conséquent, chez les patients à risque, l’utilisation concomitante de corticostéroïdes ophtalmiques et d’AINS peut mener à un risque accru d’effets indésirables cornéens.
Expérience post-commercialisation
L’expérience post-commercialisation des AINS topiques suggère que les patients ayant subi des interventions ophtalmologiques compliquées ou présentant une dénervation cornéenne, une dégénérescence épithéliale cornéenne, un diabète sucré et des maladies de la surface oculaire, notamment un syndrome sec oculaire, une polyarthrite rhumatoïde ou des chirurgies ophtalmologiques répétées sur une courte période peuvent présenter un risque accru d’effets indésirables cornéens susceptible d’engager le pronostic visuel. Les AINS à usage topique doivent être utilisés avec prudence chez ces patients.
Il a été rapporté que les AINS ophtalmiques pouvaient provoquer une augmentation du saignement des tissus oculaires (incluant des hyphémas) à l’occasion d’une intervention ophtalmologique. Yellox doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant une prédisposition connue aux saignements ou qui prennent d’autres médicaments pouvant prolonger le temps de saignement.
Dans de rares cas, lors de l’arrêt du Yellox, un effet rebond de la réponse inflammatoire peut se produire, par exemple sous la forme d’un œdème maculaire, dû à la chirurgie de la cataracte.
Infection oculaire
Une infection oculaire aiguë peut être masquée par l’utilisation d’anti-inflammatoires topiques.
Utilisation de lentilles de contact
Le port de lentilles de contact n’est généralement pas recommandé pendant la période post-opératoire d’une chirurgie de la cataracte. Pour cette raison, il faut avertir les patients de ne pas porter de lentilles de contact pendant le traitement par Yellox.
Excipients
Chloride de Benzalkonium
Ce médicament contient 0.00185 mg de chlorure de benzalkonium dans chaque goutte, ce qui équivaut à 0.05 mg/ml.
Le chlorure de benzalkonium peut être absorbé par les lentilles de contact souples et changer leur couleur. Les patients doivent retirer les lentilles de contact avant d'utiliser ce médicament et les remettre 15 minutes après.
Le chlorure de benzalkonium est connu pour provoquer une irritation des yeux, des symptômes du syndrome de l’œil sec et peut affecter le film lacrymal et la surface de la cornée. Doit être utilisé avec précaution chez les patients atteints d’œil sec et ceux présentant un risque d’endommagement de la cornée.
Les patients doivent être surveillés en cas d'utilisation prolongée.
Aucune étude d’interaction n’a été réalisée. Aucune interaction avec un collyre antibiotique utilisé conjointement à une chirurgie n’a été signalée.
Grossesse
Il n’y a pas de données pertinentes sur l’utilisation du bromfénac chez la femme enceinte. Les études effectuées chez l’animal ont mis en évidence une toxicité sur la reproduction (voir rubrique 5.3).
Même si l'exposition systémique est très faible après traitement par Yellox, on ignore si l'exposition systémique au Yellox atteinte après administration ophtalmique peut être nocive pour l'embryon/le fœtus. Au cours du premier et du deuxième trimestre de la grossesse, Yellox ne doit pas être utilisé à moins que cela ne soit clairement nécessaire. En cas d'utilisation, la dose doit être aussi faible que possible et la durée du traitement aussi courte que possible.
Au cours du troisième trimestre de la grossesse, l’utilisation systémique d’inhibiteurs de la prostaglandine synthétase peut induire une toxicité cardiopulmonaire et rénale chez le fœtus. À la fin de la grossesse, un allongement du temps de saignement peut survenir chez la mère et l’enfant, et le travail peut être retardé. Par conséquent, Yellox n’est pas recommandé pendant le dernier trimestre de la grossesse.
Allaitement
On ne sait pas si le bromfénac ou ses métabolites sont excrétés dans le lait maternel. Des études conduites chez l’animal ont montré une excrétion du bromfénac dans le lait de rates après des doses orales très élevées (voir rubrique 5.3). Aucun effet chez les nouveau-nés/nourrissons allaités n’est attendu dans la mesure où l’exposition systémique de la femme qui allaite au bromfénac est négligeable. Yellox peut être utilisé pendant l’allaitement.
Fertilité
Aucun effet du bromfénac sur la fertilité n’a été observé lors d’études conduites chez l’animal. De plus, l’exposition systémique au bromfénac est négligeable ; pour cette raison, aucun test de grossesse ou aucune méthode de contraception n’est nécessaire.
Yellox a une influence mineure sur la capacité à conduire ou à utiliser des machines. Un trouble de la vision passager peut survenir lors de l’instillation. Si un trouble de la vision survient lors de l’instillation, les patients doivent être informés de s’abstenir de conduire un véhicule ou d’utiliser des machines avant que la vision soit redevenue nette.
Résumé du profil de sécurité
Selon les données cliniques disponibles, un total de 3,4% de patients ont présenté un ou plusieurs effets indésirables. Les effets les plus fréquents ou les plus importants dans l’ensemble des études étaient : une sensation oculaire anormale (0,5%), une érosion cornéenne (légère ou modérée) (0,4%), un prurit oculaire.(0,4%), une douleur oculaire (0,3%) et une rougeur oculaire (0,3%). Les effets indésirables cornéens ont uniquement été observés dans la population japonaise. Les effets indésirables ont rarement conduit à un retrait et un total de 8 patients (0,8%) ont arrêté prématurément le traitement dans une étude en raison d’un effet indésirable. Sur ces patients, 3 (0,3 %) présentaient une légère érosion cornéenne, 2 (0,2 %) un œdème de la paupière et chacun des 3 restants (0,1 %) une sensation oculaire anormale, un œdème cornéen ou un prurit oculaire.
Tableau des réactions indésirables
Les réactions indésirables suivantes ont été évaluées comme liées au traitement et sont classées selon la convention suivante : très fréquentes (≥ 1/10), fréquentes (≥ 1/100 à < 1/10), peu fréquentes (≥ 1/1 000 à < 1/100), rares (≥ 1/10 000 à < 1/1 000), ou très rares (< 1/10 000). Au sein de chaque groupe de fréquence, les réactions adverses sont présentées dans un ordre décroissant de gravité.
Le tableau ci-dessous présente les réactions indésirables par classe de systèmes d’organes et par fréquence.
| Classe de système d’organes MedDRA | Fréquence | Effets indésirables |
| Affections oculaires | Peu fréquentes | Acuité visuelle réduite Rétinopathie hémorragiqueDégénérescence de l’épithélium cornéen ** Érosion cornéenne (légère ou modérée) Atteinte de l’épithélium cornéenŒdème cornéen Exsudats rétiniens Douleur oculaireSaignement de la paupière Vision trouble PhotophobieŒdème de la paupière Écoulement oculaire Prurit oculaire Irritation oculaire Rougeur oculaireHyperhémie conjonctivaleSensation oculaire anormale Gêne oculaire |
| Rares | Perforation cornéenne* Ulcère cornéen*Érosion cornéenne, grave* Scléromalacie*Infiltrats cornéens* Affection cornéenne*Cicatrice cornéenne* | |
| Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales | Peu fréquentes | Epistaxis TouxÉcoulement des sinus nasaux |
| Rares | Asthme* |
| Troubles généraux et anomalies au sited’administration | Peu fréquents | Gonflement du visage |
* Cas graves issus de la pharmacovigilance et portant sur plus de 20 millions de patients
** Observé à une dose de quatre instillations par jour
Les patients présentant un signe probant de dégénérescence épithéliale cornéenne doivent être informés d’interrompre immédiatement l’utilisation de Yellox et leur santé cornéenne doit être surveillée étroitement (voir rubrique 4.4).
Déclaration des effets indésirables suspectés
La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration figurant dans l’Annexe V.
Aucun résultat anormal ou effet secondaire d’intérêt clinique n’a été observé lors de l’administration de deux gouttes de solution à 2mg/ml quatre fois par jour sur une période pouvant aller jusqu’à 28 jours. Une administration accidentelle de plus d’une goutte ne devrait pas provoquer une augmentation de l’exposition topique ; en effet le volume en excès serait évacué en dehors de l’œil en raison d’une capacité limitée du sac conjonctival.
Il n’y a quasiment pas de risque d’effet secondaire suite à une ingestion orale accidentelle. L’ingestion du contenu d’un flacon de 5 ml correspond à une dose orale de moins de 5 mg de bromfénac, ce qui est 30 fois plus faible que la dose journalière de la formulation orale à base de bromfénac, utilisée précédemment.
Si Yellox est ingéré accidentellement, il faut boire un liquide afin de diluer le médicament.
PROPRIÉTÉS PHARMACOLOGIQUES
Propriétés pharmacologiques - YELLOX 0,9 mg/ml
Classe pharmacothérapeutique : ophtalmologie, anti-inflammatoires, non-stéroïdiens, code ATC : S01BC11.
Mécanisme d’action
Le bromfénac est un anti-inflammatoire non-stéroïdien (AINS) dont on attribue l’activité anti-inflammatoire à sa capacité de bloquer la synthèse des prostaglandines en inhibant essentiellement la cyclo-oxygénase 2 (COX-2). La cyclo-oxygénase 1 (COX-1) n’est que faiblement inhibée.
In vitro, le bromfénac a inhibé la synthèse des prostaglandines dans le corps ciliaire et l’iris de lapin. Les valeurs CI50 étaient plus faibles pour le bromfénac (1,1 μm) que pour l’indométacine (4,2 μm) et le pranoprofène (11,9 μm).
Le bromfénac à des concentrations de 0,02 %, 0,05 %, 0,1 % et 0,2 % a inhibé presque tous les signes d’inflammation oculaire dans un modèle expérimental d’uvéite chez le lapin.
Efficacité clinique
Deux études de phase II multicentriques, randomisées, en double aveugle et en groupes parallèles ont été réalisées au Japon, et deux études de phase III, multicentriques, randomisées (2:1), en double aveugle et en groupes parallèles, contrôlées contre placebo, ont été menées aux États-Unis pour évaluer la sécurité et l’efficacité clinique de Yellox instillé deux fois par jour pour le traitement d’une inflammation post-opératoire chez des patients subissant une chirurgie de la cataracte. Au cours de ces deux études, la substance étudiée a été administrée environ 24 heures après la chirurgie de la cataracte et son administration a été poursuivie pendant 14 jours au maximum. L’effet du traitement a été évalué jusqu’à 29 jours.
Dans le groupe recevant Yellox, une proportion significativement plus élevée de patients, soit 64,0 % vs. 43,3 % dans le groupe placebo (p < 0,0001), a présenté une résolution complète de l’inflammation oculaire au jour 15 de l’étude. Le nombre de cellules de la chambre antérieure et de Tyndall protéique (« flare ») pendant les 2 premières semaines suivant la chirurgie était significativement diminué
(85,1 % de patients présentant un score de Tyndall protéique ≤1, contre 52 % dans le groupe placebo). La différence de vitesse de résolution de l’inflammation était objectivée dès le troisième jour.
Une importante étude bien contrôlée réalisée au Japon a montré que Yellox était aussi efficace que la solution ophtalmique au pranoprofène.
Population pédiatrique
L’Agence Européenne du Médicament a accordé une dérogation à l’obligation de soumettre les résultats d’études réalisées avec Yellox dans tous les sous-groupes de la population pédiatrique présentant une inflammation oculaire post-opératoire (voir rubrique 4.2 pour les informations concernant l’usage pédiatrique).
Absorption
Le bromfénac pénètre efficacement dans la cornée des patients atteints de cataracte : une dose unique a conduit à des concentrations maximales moyennes de l’humeur aqueuse de seulement 79 ± 68 ng/ml, 150 à 180 minutes après l’instillation. Ces concentrations se sont maintenues pendant 12 heures dans l’humeur aqueuse avec des niveaux mesurables pendant 24 heures au maximum dans la plupart des tissus oculaires, dont la rétine. Après une instillation deux fois par jour du collyre, les concentrations plasmatiques n’étaient pas quantifiables.
Distribution
Le bromfénac se lie fortement aux protéines plasmatiques. Une proportion de 99,8 % s’est liée in vitro aux protéines du plasma humain.
Aucune liaison biologiquement pertinente avec la mélanine n’a été observée in vitro.
Des études utilisant du bromfénac radiomarqué chez le lapin ont démontré qu’après administration topique, les concentrations les plus élevées sont retrouvées dans la cornée, suivie par la conjonctive et l’humeur aqueuse. Seules de faibles concentrations ont été observées dans le cristallin et le vitré.
Biotransformation
Des études in vitro montrent que le bromfénac est principalement métabolisé par le cytochrome CYP2C9, qui est absent tant dans l’iris et le corps ciliaire que dans la rétine et la choroïde, le niveau de cette enzyme dans la cornée étant inférieur à 1 % comparativement au niveau hépatique correspondant. Chez un patient traité par voie orale, le composé parent non modifié est le principal constituant plasmatique. Plusieurs métabolites conjugués et non conjugués ont été identifiés, l’amide cyclique étant le métabolite urinaire majeur.
Elimination
Après instillation oculaire, la demi-vie du bromfénac dans l’humeur aqueuse est de 1,4 h, ce qui indique une clairance rapide.
Après une administration orale de 14C-bromfénac à des volontaires en bonne santé, il a été observé que l’excrétion urinaire était la voie majeure des excrétions radiomarquées et représentait environ 82 % de la dose administrée, contre approximativement 13 % pour l’excrétion fécale.
Données pharmaceutiques - YELLOX 0,9 mg/ml
Acide borique Borax
Sulfite de sodium, anhydre (E221) Tyloxapol Povidone (K30)
Chlorure de benzalkonium Édétate disodique
Eau pour injections
Hydroxyde de sodium (pour ajustement du pH)
À conserver au-dessous de 25 °C.
Les patients doivent être informés de la nécessité de garder le flacon bien fermé lorsqu’il n’est pas utilisé.
5 ml de solution dans un flacon pressable en polyéthylène avec embout compte-gouttes et capsule à vis en polyéthylène.
Boîte contenant 1 flacon.